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الأربعاء , ١٢ تشرين الثاني ٢٠١٤
"L’Eglise maronite, un "lys au milieu des épines
Aux origines de la communauté maronite
La première communauté maronite s'est formée durant la seconde moitié du IVème siècle autour de l'anachorète Maroun qui prônait l’orthodoxie romaine à une époque où l’Orient chrétien voyait se multiplier les hérésies. Comprise entre la chaîne du Taurus et l’Asie Mineure au Nord, le désert d’Arabie au Sud, la mer Méditerranée à l’Ouest et l’Euphrate à l’Est, la région est alors partie intégrante d’un Empire byzantin de moins en moins enclin à se soumettre à l’autorité spirituelle de Rome
Après la mort du moine vers 410, ses disciples se regroupèrent non loin de la montagne où il s’était retiré sa vie durant et au pied de laquelle il avait été enterré, au Sud d’Apamée, sur les rives de l’Oronte, alors située à 55 km au nord-ouest de l’actuelle ville de Hama en Syrie. En 452, l’empereur Marcien donna son accord pour la construction d’un couvent près de son tombeau.
Au cours du Vème siècle, ce couvent devint rapidement un important centre religieux et économique autour duquel se fixèrent de nouveaux monastères. Ce furent les moines de ces communautés qui constituèrent, au cœur des luttes théologiques de l’époque le bastion de l’orthodoxie la plus sourcilleuse face aux premières hérésies.
 
Le temps des grandes crises théologiques :
La crise nestorienne fut la première à menacer l’unité de l’Eglise. Elle doit son nom à Nestorius, archevêque de Byzance en 428, il prôna une doctrine appelant à distinguer clairement les deux natures, humaine et divine, de Jésus-Christ. Radicalisant cette distinction, il en arriva à affirmer que Marie est uniquement la mère de l’homme Jésus, car il lui paraissait impossible qu’un être humain puisse enfanter Dieu. Cette impossibilité privait donc Marie du titre de mère de Dieu. La réaction de Rome ne se fit pas attendre et en 431, un concile réuni à Ephèse condamna Nestorius.
Peu après survint la crise monophysite qui trouve son origine chez le supérieur d’un monastère de Constantinople, nommé Eutychès. Prenant le contrepied total de Nestorius, il professait que les deux natures du Christ étaient complètement unies. Tout comme le nestorianisme, cette nouvelle doctrine fut rapidement condamnée par Rome lors du concile de Chalcédoine en 451, ce qui ne permit toutefois pas d’y mettre un terme.
 
Fidélité à Rome et premières persécutions :
Bénéficiant du soutien du patriarche d’Alexandrie, le monophysisme se propagea assez rapidement. Ainsi, cette nouvelle hérésie connut un grand succès non seulement en Syrie, avec la naissance de la communauté jacobite, mais également en Egypte où les Coptes l’adoptèrent en masse. Quant aux maronites, fidèles au pape, ils rejetèrent d’entrée le monophysisme, tout comme il avait rejeté le nestorianisme avant même que celui-ci ne soit condamné officiellement.
En Syrie, la tension monta alors rapidement entre jacobites et maronites. Bientôt la querelle théologique laissa place aux violences entre les deux communautés et en 517 les jacobites attaquèrent Apamée et y massacrèrent 350 moines maronites. Peu après le drame, on verra les premiers départs de maronites vers les hautes vallées du Liban voisin.
De nouvelles persécutions forceront bientôt les autres membres de la communauté à prendre le chemin de la montagne libanaise où ils formeront progressivement une concentration humaine assez homogène le long des gorges de la Qadisha, la « vallée sainte » maronite.
 
Renaissance culturelle syrienne :
Les querelles religieuses incessantes continuèrent et prirent bientôt un tournant clairement politique. Après des siècles de domination grecque et romaine, les habitants de la région étaient de plus en plus nombreux à vouloir se libérer de l’oppression byzantine. En adhérant à l’une ou l’autre hérésie, c’était moins l’autorité du Pape que celle de l’Empereur qu’on cherchait à défier. En libérant leurs consciences de l’oppression théologique, les chrétiens de la région entendaient également se libérer de l’hellénisme.
On assista alors à l’émergence d’un art local, distinct de l’art byzantin. L’architecture, la peinture, la sculpture, les arts d’ornement s’engagèrent alors dans des voix nouvelles, indépendantes des modèles gréco-romains dominants. Au cours des Vème et VIème siècles, la région se couvrit de magnifiques basiliques et d’églises à coupole dont s’inspireront plus tard les constructeurs des églises romanes. Dans les couvents, la langue locale et les lettres syriaques revinrent à l’honneur et Edesse devint bientôt l’Athènes du monde araméen.
 
Les dernières migrations vers le Liban :
La rupture est consommée entre Byzance et les habitants de ses provinces orientales. Redoutant d’armer des populations aussi ouvertement hostiles, l’Empereur fut contraint d’en appeler à des mercenaires pour assurer la défense de sa frontière orientale. Après deux incursions en 530 et 540, les Perses étaient venus piller Apamée en 576 et représentaient depuis une menace constante. Pour financer ses troupes, Byzance eut recours à une sévère politique fiscale qui ne fit qu’empirer la situation politique dans le pays.
La Syrie était plus que jamais ouverte aux invasions des Perses qui finirent par prendre Jérusalem en 615. Ils dévastèrent la ville, massacrèrent la population et emportèrent la vraie Croix. Les efforts déployés par l’empereur Héraclius pour laver cet affront laissera la Syrie exsangue. L’intransigeance religieuse, les persécutions fiscales et l’impuissance militaire avaient définitivement aliéné les populations locales. Les maronites eurent alors à souffrir de nouvelles vexations, les poussant un peu plus vers les hauteurs du Liban où ils espéraient échapper à l’emprise byzantine. Forme finale de l’hellénisme, l’impérialisme byzantin et le rejet qu’il suscita en Syrie expliquera en grande partie les succès des guerriers arabes dans une région où ils seront accueillis en quasi-libérateurs.
            Vainqueur à Yarmouk en 636, les musulmans s’empareront en quelques années de toute la moitié sud de la région. Ils firent alors preuve d’une relative tolérance religieuse qui contrastait fortement avec l’oppression jacobite dont les maronites continueront à souffrir dans la région d’Apamée, encore aux mains des byzantins. Dans un Empire où l’élément grec dominait plus que jamais, cette petite communauté agaçait au plus haut point. Sa fidélité à l’égard de Rome, son attachement à la doctrine chalcédonienne équivalait pour Byzance à une insubordination intolérable en ces temps troublés.
C’est l’empereur Justinien II qui tranchera la question maronite en envoyant ses troupes détruire les derniers monastères encore présents sur l’Oronte en 694. Emmenés par leur chef spirituel, le patriarche Jean Maroun, la quasi-totalité des maronites encore présents dans les plaines de Syrie émigreront alors vers les hauteurs du Liban, qui passera sous domination arabe après la chute de Tripoli en 705
Antoine C. S
Antoine C. S.
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