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الأثنين , ٢٠ تموز ٢٠١٥
Le Liban au temps des Croisés et des Mamelouks
Le Chouf, « Montagne des Druzes »
Parmi les clans de Syrie qui adoptèrent le druzisme, les Arslan se distinguèrent rapidement avec l’arrivée des croisés en Terre Sainte à la fin du XIème siècle. Installés par le calife Abbasside el-Mansour dans la région de Beyrouth afin de défendre la côte contre les Byzantins, ils avaient rapidement pris le contrôle des montagnes environnantes. Bien qu’appartenant à la communauté druze, ils se virent ainsi confier la responsabilité de défendre les frontières de l’Islam face aux envahisseurs chrétiens qui déferlaient sur la Syrie. Aux côtés des Chéhab, des Maan et d’autres familles guerrières implantées dans la région, les Arslan se montrèrent dignes de la confiance qu’on avait mise en eux. Malgré les incursions répétées des croisés, ils tinrent bons et permirent de limiter la domination chrétienne à la côte. C’est en ces temps troublés que Buhtur, fils d’un émir Arslan tombé face aux Francs, parvint à s’illustrer et à se faire un nom parmi les Druzes. Combattant avec la même énergie aux cotés des Seljoukides, de Saladin ou des Mamelouk, ses descendants, les émirs Buhturides, s’imposèrent finalement à la tête de la communauté
Il semblerait qu’après la chute des Abbassides et le sac de Bagdad par les Mongols en 1258, les émirs Buhturides aient pris contact avec les croisés afin de minimiser les conséquences éventuelles d’un effondrement généralisé de l’Islam. La victoire mamelouke d’Aïn Jalout  en 1260 devait toutefois stopper l’avancée mongole et fut l’occasion pour les druzes de s’illustrer aux cotés des futurs maîtres de la Syrie et de s’assurer de leur soutien. Après la chute de Saint-Jean-D’Acre en 1291, Beyrouth, Sidon et leur arrière-pays furent placés sous l’autorité du gouverneur de Damas et la famille Buhtur maintenue dans ses terres et ses titres.  Certains de ses membres furent même nommés à divers grades d’officiers dans l’armée mamelouke et furent chargés de maintenir une cavalerie afin de patrouiller sur la côte et de prévenir le retour des croisés retranchés à Chypre. Confié au Buhtur, le Chouf devint ainsi la « Montagne des Druzes », une région où fut instauré dans les siècles suivant un système politique fondé sur un réseau de grandes familles locales se partageant les terres et coopérant pour la défense de leur relative autonomie
 
La répression du Kesrouan et la colonisation maronite
L’hostilité des druzes à l’égard des croisés ne fut pas partagée par tous les habitants de la région, à commencer par les musulmans du Kesrouan qui s’accommodèrent relativement bien de la domination européenne et chrétienne. Installés là par les califes Omeyyades à la fin du VIIème siècle pour protéger le monde musulman de la menace byzantine, ils s’étaient montrés bien peu zélés dans leur tâche. Convertis au chiisme dès les premiers siècles de l’Islam, ils s’étaient accommodés sans mal de la domination chrétienne en Syrie. Régulièrement persécuté par les autorités sunnites de la région, ils avaient vécu l’arrivée des Francs comme une trêve plus que bienvenue. Après la bataille d’Aïn Jalout, ces Chiites auraient même donné refuge à des fuyards mongols alors même que ceux-ci, de la Perse à l’Irak, menaçaient toujours la Syrie. Les croisés maintenant rembarqués, l’heure était venue pour les chiites de rendre des comptes. Ils allaient payer cher leur mollesse face à l’envahisseur. La sanction tomba dès 1291 avec une première expédition punitive menée par les Mamelouks dans le Kesrouan. Elle fut suivie d’une nouvelle série d’offensives qui débuta en 1300. Les opérations dureront jusqu’en 1305 et laisseront la région totalement dévastée et quasiment vidée de ses habitants. Dès janvier 1306, des tribus turcomanes y furent installées afin d’assurer la surveillance du littoral
Pendant les années qui suivirent, les Chiites se tinrent cachés. Prostrés et brisés politiquement, seuls quelques-uns osèrent regagner leurs villages tandis que d’autres abjurèrent et se firent sunnites. Le Kesrouan restera ainsi plus ou moins dépeuplé jusqu’à la fin du XIVème siècle et l’arrivée progressive de paysans maronites dont l’installation fut favorisée par les nouveaux maître du Kesrouan désireux de mettre leurs terres en valeur. Depuis longtemps confrontés à l’exiguïté du Liban, de nombreux paysans maronites avaient déjà pris la route du Sud durant la période des Croisades. Ces Maronites installés au Kesrouan durant les Croisades furent victimes des raids mamelouks au même titre que les Chiites de la région et ces violences se poursuivront tout au long du XIVème siècle. Soupçonnés de collusion avec les Lusignan qui depuis Chypre lançaient des raids sur la Syrie et l’Egypte, les Maronites furent ainsi la cible de nombreuses violences en guise de représailles contre les attaques de leurs anciens alliés croisés. Malgré tout, les vagues migratoires du Liban vers le Kesrouan s’intensifieront aux XIVème et XVème siècle. La période mamelouk marquera ainsi le début d’une expansion géographique qui verra le peuplement maronite s’étendre vers le sud du Kesrouan et jusqu’aux hauteurs de Beyrouth 
Pour contrôler la montagne libanaise, les mamelouks y placèrent des familles turcomanes fidèles. Parmi ces familles, les Assaf émergèrent au cours du XVème siècle. Installés originellement à Zouk Mosbeh et Zouk Mkayel où ils tinrent garnison, ils se fixèrent progressivement à Ghazir d’où ils contrôlèrent bientôt l’ensemble du Kesrouan. Pour les assister dans leur tâche, ils firent appel aux Hobeiche, une famille maronite de Jbeil comptant alors de nombreux lettrés parmi ses membres. Sous l’impulsion de leurs nouveaux bras droits, les Assaf vont alors accélérer l’installation des Maronites au Kesrouan en offrant à l’Eglise de vastes terres afin qu’elle y emploie ses ouailles pour mettre la région en valeur. Ce calcul s’avéra gagnant, le Kesrouan s’imposant au cours du XVème siècle comme une des régions les plus prospères du Levant. Les Maronites y jouirent d’une grande liberté, n’étant tenus au final que de respecter l’autorité des Assaf et de s’acquitter de leur taxe auprès du gouverneur de Damas. La stabilité qui y régnait attira non seulement des Maronites mais également de nombreux Druzes venus du Sud. Intégré au Liban par la présence maronite et au Chouf par l’arrivée d’éléments druzes, le Kesrouan devenait ainsi un pont entre ces régions, un point de rencontre pour ces deux communautés dont les destins demeureront dès lors liés pour le meilleur et pour le pire
Antoine C. S
Antoine C. S
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